10.04.2007

Présidentielles : pour qui voter ? (1)

medium_point-d-interrogation.jpgLe premier tour des élections présidentielles approchant, il est peut-être temps de poser la question.

J'avais déjà réalisé une note pour connaître son positionnement politique. Pour cela, deux outils : le politest qui situe votre camp et le political compass (en anglais).

Mais au delà des clivages, quel candidat répond le mieux à vos attentes ? Vous pouvez utiliser le test du Monde, ou bien celui, plus complet, car permettant d'analyser concrètement les positions des candidats, de monvoteamoi.fr . Pour ma part, mon choix s'en est retrouvé conforté (ouf, je ne me suis pas trompé !).

Tout ceci est intéressant, mais reste réducteur, car tout ne se résume pas à quelques questions, aussi importantes soient-elles. Et puis surtout, si ce genre d'outils se développent, on va assister à un clientélisme, à une fragmentation de la demande. Ce n'est plus une vision politique globale, mais un découpage au laser des préoccupations. Une tendance  particulièrement à la mode pour rameuter le plus possible d'électeurs de chaque catégorie socio-professionnelle. Si vous avez vu les faux débats sur TF1 avec des représentants statistiques du peuple, vous comprenez ce que j'entends par là.

Avec la montée en puissance des instituts de sondage, d'internet, nul doute que certaines prises de position politiques sont clairement électoralistes. La recherche du consensus, ou la quête du graal... au mépris de l'avenir d'un pays ?

14.09.2006

affligeant

medium_images.jpgLa politique-spectacle, ça m'énerve. Et ces jours-ci on frôle l'overdose. Moi qui souhaitait à ce que les prochaines élections - capitales pour l'avenir de notre pays - soient enfin génératrices de débats d'envergure, la douche est froide. Bon je ne m'attendais pas à ce que le niveau soit spécialement élevé, je ne suis pas naif à ce point, mais là c'est tout simplement affligeant.

Et s'il y a bien une personnalité politique qui me fait bondir de plus en plus, c'est bien Ségolène Royale. Ah, ça  pour l'orchestration médiatique, c'est une reine. Un voyage en Amérique du Sud pour rencontrer une femme présidente alors qu'elle n'occupe et n'a jamais occupé aucune fonction à enjeu international, des photos people sous tous les angles comme si c'était Miss France, jusque là ça passait encore. Après tout, pour se faire élire, faut se montrer.  Non mais moi ce qui me fait bondir, c'est qu'il n'y a rien derrière l'argument "femme". On ne parle que d'elle, pour ce qu'elle réprésente, et tout son discours est basé sur une opposition homme-femme, comme si tous les hommes étaient des cro-magnons, et qu'on était encore en 1960. Si,si, vous savez à cette époque l'homme ramenait sa femme à la grotte en lui tirant les cheveux.

Quand le Time pose une question sur la politique irakienne (enjeu central pour l'avenir du monde), Ségolène renvoie la balle pour masquer son incompétence : "poseriez-vous cette question si j'étais un homme ?". Alors quoi, parce que Ségolène est une femme on a plus le droit de poser des questions importantes ? Ah ça, botter en touche, elle sait faire, et en plus ça lui fait de la pub. Quand une militante socialiste lui pose des questions auxquelles elle ne peut pas répondre, elle lance méchamment que celle-ci n'a pas besoin de son petit ami pour trouver ses mots parce qu'elle est... une femme.

Tadada... vous l'avez compris, tout l'enjeu politique de la France se retrouve réduit à celle fantasmée par les féministes, celle de l'opposition des deux sexes. On tente de nous faire croire que si la France va mal, c'est parce qu'elle a été dirigée par des hommes jusqu'à présent. Non mais vous voyez le tableau ? Le jeu consiste à renvoyer l'adversaire politique non pas pour ses idées mais pour son sexe. C'est à peu près du niveau des blagues sur les blondes, et ça me ferait rire si la France n'était pas en si dangereuse posture.

Cette orchestration prend des allures burlesques, notamment quand la fiction télévisuelle nous présente sa dernière création : une héroine présidente de la République, sur France 2 ou France 3 je ne sais plus. Histoire bien romancée histoire de bien faire comprendre à tous les hommes de la terre, forcément machistes et préhistoriques, qu'une femme au pouvoir ça a du bon...parce que c'est une femme justement ! Et le pire avec ce faux débat, c'est que je me sens obligé d'y répondre pour ne pas être moi-même accusé de machiste. je le dis donc tout net : le sexe ou l'ethnie n'entrent pas en ligne de compte dans mon choix. C'est la compétence qui joue.

 Et puis ce soir ça a été le clou, avec Stéphane Bern et son émission grotesque, affligeante de bêtise qui ne prend même pas soin de centrer le débat. Sa question était : "une femme peut-elle diriger le pays ?". Question idiote. Bien sûr qu'une femme peut diriger le pays ! Mais tout le débat s'est porté sur Ségolène en l'opposant à des hommes de Néandertal sortis de la grotte. L'émission se concluant sur un sondage évidemment ultra positif, sur lequel on conclue en souriant que Ségolène c'est l'avenir de l'homme, l'avenir de notre pays. A ce stade ce n'est pas du raccourci c'est de la manipulation mentale. Avec un rythme soutenu, on a donc pu entendre vociférer des "hou" et "clapclapclap" à chaque épisode de cette guerre des sexes.

Et pendant ce temps, moi, devant la télé, je n'arrive pas à y croire. Comment peut-on embobiner les gens à ce point ? Si la question de fond était de savoir si Ségolène pouvait être une bonne présidente de la république, qu'on fasse le débat en conséquence, en parlant, projet, financement, vision, discussion sur les innombrables problèmes de notre pays et en mettant en avant le parcours de la future candidate (totalement inexpérimentée). Or une fois encore, tout ce qui tourne autour de Ségolène Royal est creux. J'ai du respect pour des hommes et des femmes de convictions, mais je déteste les tours de prestidigitation qui vous forcent à regarder là où il n'y a pas le truc. La conclusion du laius de l'emission de Bern soutenait également que si Ségolène réussit, c'est précisément parce qu'elle est nouvelle et inexpérimentée ! Non mais dites, là, on élit pas un conseil municipal, on élit pas Miss France, on est en train de décider du sort de millions de français qui rêvent que leur pays puisse sortir du déclin dans lequel il s'est empêtré. 

Si l'émission de Bern préfigure la teneur des débats pour l'élection présidentielle, et si on continue à prendre les gens pour des cons, je crois que je vais...