09.07.2007
Prions très fort !
Bon je sais que peu de monde se sentira concerné par cette nouvelle, m'enfin... Ca faisait deux ans que la dernière saison de Once and Again devait sortir en DVD (zone 1), Sela Ward avait enregistré des commentaires audio, le packaging avait été montré et puis.... rien. Buena Vista a subitement décidé de ne plus sortir le coffret. Et quand on voit le nombre de petites séries obscures ridicules ignobles qui sont publiées chaque jour aux USA, on se dit qu'il y a un problème.
Pour info, les deux premières saisons se payaient le luxe d'avoir des sous-titres anglais (une très bonne surprise car non annoncées sur le packaging). Il ne manquait plus que cette magique troisième et dernière saison pour combler mon bonheur de fan amoureux fou de cette série.
Il a fallu me rendre à l'évidence, la série ne serait jamais entièrement éditée (et même internet underground ne pouvait y rémédier).
Et puis, miracle, une nouvelle sur l'incontournable site tvshowsondvd.com : La licence de Buena Vista arrive bientôt à expiration et ABC cherche à un éditeur pour rééditer INTEGRALEMENT la série. Les fans doivent donc commencer à faire du bruit (malheureusement ils ne sont plus nombreux, vu que la série s'est terminée en 2002).
Je croise les doigts pour que cette injustice soit enfin réparée.
A titre d'info, Angela 15 ans (ou si vous préférez my so-called Life) devrait elle aussi sortir cet automne aux USA et en Europe. Là aussi cette série culte était attendue depuis des années. Ouf !
Et puis tant qu'on y est... April Snow, le magnifique film coréen devait sortir en DVD le 18 Mai 2007. Introuvable (magasins du commerce, internet). J'ai même envoyé des mails à l'éditeur qui joue le mort. Je croise les doigts pour qu'il sorte quand même, ce film est dans mon top 10 de mes films-préférés-de-tous-les-temps.
Décidément je comprendrais jamais la politique commerciale des éditeurs de DVD.
15:20 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : once and again, my so called life, angela 15 ans, april snow
30.03.2007
Ensemble c'est tout
J'avais peur, très peur que l'adaptation du roman d'Anna Gavalda soit ratée. Après tout, le livre réussit un tour de force, celui de raconter une histoire touchante, généreuse, optimiste, romantique (eh oui !) sans être mièvre, guimauve, ou mélo bon marché. Un pari osé mais relevé, et plutôt haut la main selon moi.
Certes, le choix des acteurs fait débat : Tautou peut-elle incarner la frêle Camille ? Canet peut-il être ce bourru de Franck ? Et qui pourrait donc endosser le costume de l'attachant Philibert ? Là, il n'y a pas de secret. Soit vous aimez ces acteurs, et dans ce cas, la partie est gagnée, soit vous ne les aimez pas, là il sera nettement plus difficile de vous convaincre. A mes yeux, les personnages sont à peu près conformes à l'image que je m'en faisais, exceptée Tatou un peu trop pulpeuse, mais comme je l'aime bien, je n'ai pas boudé mon plaisir.
Car Claude Berri a respecté aux virgules près les répliques et les situations du roman. A part quelques sous-intrigues autour du logement de Camille, tout y est. Et on se retrouve donc avec une vraie pépite. Les dialogues sont parfaits, et, cerise sur le gateau, la mise en scène n'est pas en reste, en témoignent des jeux de regards qui accentuent les situations. Que dire sur l'histoire sans en dévoiler ? Bien loin de la comédie franchouillarde, on se retrouve dans une ambiance unique, porteuse d'espoir, de tendresse, de solidarité, de sourires. Une émotion qui me réconcilie avec le cinéma français. Car oui, ça fait du bien d'avoir une histoire sensible, une histoire qui vous donne envie de croquer la vie à pleines dents, et qui vous fait sourire béatement plusieurs minutes après la fin.
Du bonheur en pellicules, tout simplement.
21:06 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ensemble c'est tout, tautou, canet, berri
05.01.2007
2007, l'année ciné
J'aime bien saliver en début d'année en pensant aux films à venir. Bon ok, tout n'est pas rose. Je pense au remake de "my sassy girl" avec Elisha Cuthbert (!!!) qui est en cours de tournage et qui va probablement massacrer l'un de mes films préférés of all time.
Au menu donc, "les lettres d'iwo jima" de Clint Eastwood (21 Février) m'intriguent. Une bataille americano-japonaise vue du camp japonais, filmée par un légende vivante américaine, qu'est ce que cela peut donner ?
Au rayon blockbusters, j'attend impatiemment Spiderman 3 (2 Mai) et Shrek 3 (13 Juin). Et puis pourquoi pas donner sa chance à un autre 3è volet, Ocean's thirteen (20 Juin) avec...Celine Dion (oui vous avez bien lu) ? Enfin Die Hard 4 (4Juillet) marquera-t-il la déchéance d'une saga renommée ? 28 Semaines plus tard (20 Juin) sera-t-il aussi flippant que "28 jours plus tard" ? Les simpsons (25 Juillet) arriveront-ils à s'adapter au grand écran ? Joss Whedon arrivera-t-il à faire quelque chose du kitchissime Wonder Woman ?
Je suis aussi très curieux de connaître l'adaptation de Charlotte's web (7 Février) et impatient de voir ce que va donner celle d'Ensemble c'est tout (21 Mars) avec Audrey Tautou (Claude Berri me fait peur !).
Mon imagination s'emballe au sujet des Enfants invisibles (Février), ensemble de courts avec les plus grands réalisateurs (John Woo, Ridley Scott).
Tiens, et à propos de cinéma asiatique. Je ne suis guère emballé par Election 2 (le premier était déjà soporifique) (et pourtant j'aime Johnnie To). Zhang Yimou sortira le 14 Mars sa Malédiction des fleurs dorées, forcément très alléchante (Gong Li, Chow Yun Fat). La réputation d'Exilé (La suite officieuse de The Mission) fait qu'il sera très dur d'attendre jusqu'au 4 Avril. My Blueberry nights (Septembre) sera l'occasion pour Wong Kar-Wai de réunir Norah Jones, Jude Law, Natalie Portman (!). Le plus grand film de l'année sera peut-être encore une fois un Park Chan Wook: I'm a cyborg but that's ok (avec la ravissante Lim Soo Jung en plus !). A moins que John Woo ne retrouve de sa superbe avec The battle of the red cliff.
J'attends aussi impatiemment le nouveau film avec Evan Rachel Wood, Across the universe (18 Avril), une comédie musicale sur les années 60 et dont les premières critiques sont élogieuses. Mais avant elle apparaîtra dans Running with cissors le 21 Mars, adaptation pas très réussie du bouquin de Burrows.
Bref, une année prometteuse !
12:03 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cinema, 2007
15.12.2006
Un DVD pour Noel ?
L'année 2006 se termine et le cadeau DVD est toujours à la mode. Petite sélection de l'essentiel 2006, histoire de vous donner des idées.
Serenity : Issu de la série Firefly de Joss Whedon, ce film arrive à combler les fans et permettra peut-être aux autres de découvrir un univers de science-fiction bourré de répliques cultes, avec quelques scènes d'action qui valent le détour . No power in the verse can stop Serenity, puisqu'un MMORPG (jeu de role massivement multijoueur en ligne) est prévu pour 2008.
Battlestar Galactica (épisode pilote suivis par la saison 1 et 2) : J'en parlais déjà là. Tout bonnement indispensable, à conseiller à toutes les personnes, y compris ceux qui n'accrochent pas à la SF. Car la série a des bases politiques, éthiques qui vont bien plus loin que les autres séries actuelles.
Arrested Development saison 3 (zone 1 : attention, VF et VOST english only) : la saison finale de la série la plus drôle de tous les temps (et pourtant méconnue en France). Voir ici et ici. Attention mouchoirs indispensables. les saisons 1 et 2 sont disponibles en Zone 2 FR.
Veronica Mars saison 2 (zone 1 vost-fr) : Notre jolie détective aux répliques ravageuses et à l'intellect surdéveloppé revient dans une seconde saison encore plus drôle et encore plus tordue. L'année de la consécration pour la série culte post-Buffy. Veronica Mars, c'est bon, mangez-en, pour citer mes ex-collègues. A voir aussi ici.
Prison Break saison 1 : Oubliez Faf la rage (c'est comme ça que ça s'écrit ?), passez à la VO pour découvrir le VRAI générique, et des dialogues qui ne puent pas la censure.Sinon, que dire d'autre ? Vous le savez déjà, Prison Break est la dose parfaite d'action, d'enigmes et de rebondissements tordus. Pas forcément brillante, elle assure l'essentiel : l'envie de voir la suite ! J'en parlais aussi ici.
Marathon : Une leçon de vie, sublimée par un acteur époustouflant. Un film coréen passé inaperçu en France, et dont le DVD est difficile à trouver. Photo ici.
Alone in love (zone 3, vost english) : Série coréenne qui figure d'emblée dans le classement de mes meilleures expériences télévisuelles, rien que ça. Sensible, drôle, attachante, émouvante. C'est à voir ici.
Grey's anatomy saison 1 : Bon ok, il y a peu d'épisodes, mais quels épisodes. "Urgences" est morte quand ABC a mis ce petit bijou à l'écran. Voir aussi ici.
10:00 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dvd, noel
08.07.2006
Actrices coréennes (2) : Bae Du-na
Bae Du-na est probablement la jeune actrice la plus talentueuse au monde. C'est ainsi que commence la critique dithyrambique de subwaycinema, intitulée tout simplement "We love Bae Du-na" (critique que je vous invite fortement à lire après mon article). Je pourrais m'arrêter là, réécrire ce qui a été dit sur ce rat à la beauté renversante, sur l'énergie qu'elle dégage, sur la lumière qu'elle vole. Je pourrais employer tant de superlatifs qu'ils ne voudraient plus rien dire. Et pourtant, elle les mériterait tous.
Bae Du-na n'est pas Jeon-Ji-hyeon, ce n'est pas une mannequin aux formes parfaites, elle est tout simplement ce qu'on lui demande qu'elle soit : une actrice qui joue avec son coeur, et qui stupéfie par l'audace de ses choix de films. A son actif une dizaine de séries dramatiques, et autant de films. Je ne l'ai découverte qu'au travers de la série Country Princess, où elle interprétait une fille qui devait se battre contre son destin. Forcément, une série est toujours l'occasion de découvrir l'étendue du talent d'une actrice, de s'en rapprocher, de l'aimer.
Côté films, l'actrice éblouit producteurs et réalisateurs, au point d'être la première actrice coréenne à jouer dans un film japonais. Le film Linda Linda Linda (2005) n'est pourtant pas n'importe quel film, un de ces films commerciaux surfant sur la vague des teen movies où des ados surmontent un défi en vivant une expérience de groupe. N'importe quel film aurait monté de toutes pièces des rebondissements pour empêcher ce groupe de rock éphémère de jouer un remake des Blue Hearts (Linda Linda Linda). Mais ce film capte l'essence même de l'adolescence, son désir de rompre avec la monotonie, de s'affirmer, sans pour autant décrire les tourments amoureux. Un film sur ces petits riens qui font tout, sur ces visages de Bae Du-Na qui vit la peur ou masque son embarras. La jeune actrice parviendra à capter toute la lumière, ne laissant que les miettes a ses consoeurs, comme l'illustre le parcours de son personnage d'adolescente coréenne effacée parlant peu le japonais et qui se retrouve chanteuse d'un groupe de rock en 3 jours.
Ce personnage d'adolescente qui prend son destin en main, c'est sa force. Elle l'aura déjà très bien interprété dans Take care of my cat, en compagnie d'autres personnages qui se cherchent. Mais l'actrice a plus d'un tour dans son sac, elle prendra le risque de se dénuder et de jouer avec son corps dans Plum Blossom, de jouer dans un film d'horreur (ring virus) et dans un film détonnant comme Barking dog never bites, dans une comédie romantique comme do you like spring bear ?, ou dans des blockbusters comme Tube ou le récent "film de l'année" The Host (cf mon précédent article). Elle sera également à l'affiche du premier volet de la trilogie de Park Chan-Wook (Sympathy for Mr Vengeance).Autant de films cultes à son actif. Autant de facettes sombres ou joyeuses qui lui permettront en peu de temps de devenir la chouchou des réalisateurs coréens.
Son intelligence du jeu et son charisme n'a aucun équivalent sur le marché. Et si les jeunes ados préfèreront se tourner vers des jeunes filles à la plastique éblouissante après quelques opérations, il ne faudrait pas qu'ils oublient que le talent pur, c'est beau également. Du reste, Bae Du-na sait utiliser ses charmes : son sourire et ses yeux sont tellement expressifs qu'ils vous feront fondre de bonheur.
Quelques liens : le trailer de Take care of my cat, de Tube, de Sympathy for Mr Vengeance, de Linda Linda Linda (cliquez sur trailer, puis sur le deuxième fichier en bas), de Do you like spring bear ? (attention trailer délirant à contre-courant complet du film), de The Host
23:54 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bae du-na, bae doo-na
03.07.2006
Actrices coréennes (1) : Son Ye Jin
Rares sont les actrices que j'admire profondément. Je veux dire, il y a des actrices qui ont du charme, qui savent jouer de leurs atouts, et puis il y en a quelques unes qui crèvent tellement l'écran qu'on en reste bouche bée. Tant de maîtrise dans l'interprétation qu'elles appartiennent à la classe stratosphérique des actrices. Et parmi celles-ci il y en a qui savent tout faire, ou presque.
Au pays du matin calme, les actrices sont en féroce compétition.
L'une de mes actrices préférées, particulièrement douée dans le registre de l'émotion : Son Ye Jin.
Comme toute actrice coréenne, elle alterne dramas télévisuels et cinéma, allant d'un support à l'autre sans jamais se poser des questions. Une différence assez nette avec ce qui se passe aux USA, où la limite entre les deux reste une frontière bien marquée dans la carrière d'un acteur.
A son actif, les plus beaux drames romantiques que j'ai pu voir, ou presque.
"Lover's concerto" sera un très beau prologue au chef d'oeuvre "The Classic" sorti la même année en 2003.
Le drame "A moment to remember" achève de confirmer son statut d'actrice extrêmement douée, mais c'est avec "April Snow" que Son Ye Jin atteint le sommet de son art, tout en délicatesse, en émotion réservée.
Elle est devenue une telle superstar que pour la série Alone in love son cachet a atteint le record de 50 millions de won par épisodes (plus de 40 000 euros), alors que la plus forte somme était de 20 millions auparavant. C'est dire si l'actrice est demandée !
Du reste, au vu de ses dernières performances, c'est extrêmement mérité. Alone in love est l'une des plus belles séries que j'aurai pu voir à la télé, et détonne avec le reste des dramas coréens : plus adulte, plus subtil. Peu de séries ont cette profondeur émotionnelle et intellectuelle (personnellement je citerais Once and Again aux USA, Koi ga shitai au Japon et Alone in love en Corée).
Les clips ne rendent pas vraiment honneur à son talent, mais il y en a quand même quelques uns à voir sur You tube histoire d'avoir une vague idée de ce que je parle : MV de Lover's concerto, MV de A moment to remember, MV d'Alone in love, Mv de The Classic, le clip du très bon groupe coréen Loveholic pour April Snow, ...
01:05 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Son ye jin, actrice coréenne, lover's concerto, the classic, april snow, alone in love
28.06.2006
Paris coréen
C'est en lisant le blog sympatoche de Maaya que j'ai appris qu'à Paris quelques séances de ciné coréen étaient prévues. L'occasion de découvrir quelques très bon films, comme My Sassy Girl (aussi dispo en DVD zone 2 fr), Address unknown de Kim Ki-Duk, Die Bad, 3 films avec la géniale Bae Doo Na (Barking dogs never bite, Sympathy for Mr Vengeance de Park Chan Wook, Take care of my cat), le poétique Welcome to Dongmakgol, l'original Memories of murder ou le chef d'oeuvre Old Boy. Autant de films à ne pas louper. Un regret cependant, excepté my sassy girl, peu de films sont des comédies (et encore moins romantiques).Il y a beaucoup de films noirs qui visitent les tréfonds de l'âme humaine .
Tous les programmes depuis le 27 Juin jusqu'au 11 Juillet ici.
21:03 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : maaya, cinéma coréen, bae doo na, kim ki-duk, park chan-wook, address unknown, die bad
24.05.2006
Cannes 2006 - à la recherche d'un hôte
Pour une fois, j'attendais le festival de Cannes avec impatience. Deux raisons à cela : d'une part, un outil maîtrisé permettant des compte-rendus rapides (le blog), et d'autre part, la présence d'un certain nombre de films en avant-première.
Hélas, j'ai beau cherché le web, je n'y trouve que kyrielle de photos de stars aux reflets effrayants. Des zombies absorbant des doses massives de produits illégaux lors de leurs after-party. Non mais, dites, il est où le rêve, là ? Pire encore, la mode est de raconter les soirées - si possibles les plus scabreuses possibles. Mais rassurez-vous, on vous censure leurs noms.
A côté de ça, vous avez bien quelques "journalistes" qui timidement osent leurs critiques sur quelques films très attendus. Mais rien, toujours rien sur The Host, The unforgiven projetés il ya quelques jours... Apparemment, chacun regarde les mêmes films que le voisin. Elle est belle la diversité du cinéphile-fétard.
Edition de mon billet. il aura donc fallu attendre encore quelques jours de plus pour voir apparaître les premières critiques alors que la quasi-totalité des journalistes boudent ( Forcément, pas de stars connues, pas de provoc, c'est pas vendeur) Ben voilà, c'est confirmé. Je me permets de citer :
"Le film de Cannes 2006, on le dit, on le clame, c'est The Host, le troisième long métrage de Bong Joon-ho après Memories of murder et Barking dogs never bite. Présenté par la Quinzaine des Réalisateurs hier soir (dimanche) à minuit dans une salle investie pour moitié par les Coréens de Cannes, The Host était attendu comme le messie, car Bong Joon-ho, c'est une combinaison miraculeuse : jeune (37 ans), populaire (Memories of murder avait cartonné en Corée) et cinéaste de haute volée, au culot invraisemblable. The Host fera lui aussi un malheur au box-office local, sans doute. Le film est génial. C'est à la fois un film de monstre, un mélo familial, une fable urbaine, une comédie burlesque, une rêverie en apesanteur, un brûlot politique. Tout ce qu'il touche, BJH le réussit, simultanément même : qui pourrait se permettre, dans les cinq dernières minutes d'un film, alors qu'on est en plein affrontement final, une poignée de plans où se chevauchent un énorme gag digne d'un slapstick, l'image poing levé d'un lanceur de cocktail molotov, un bouleversant psychodrame fraternel et la conclusion narrative du récit ? On disait le cinéma asiatique en nette baisse de forme cette année (un seul film japonais toutes sections confondues, c'est du jamais vu), mais il n'y a que les Coréens ou les Japonais pour enfanter des œuvres aussi mutantes que celle-ci. Il faut aussi des producteurs qui ont du ventre, car un scénario tel que celui de The Host, on l'imagine mal passer au CNC ou entre les mailles des studios hollywoodiens.
Le film s'ouvre en 2000, dans la morgue d'une base militaire américaine en Corée. Un médecin américain ordonne à son auxiliaire coréen de balancer dans l'évier, donc dans la rivière Han, des bouteilles de produits toxiques. 2002 : des pêcheurs attrapent puis relâchent une bestiole informe, une sorte de têtard à trois queues. 2006 : un gigantesque monstre amphibie surgit de la rivière et bouffe tout le monde. On est à peu près à 10 minutes de métrage et déjà le film est parti dans tous les sens, car sur l'action, sur la peur, sur le rire, sur la famille, sur la politique, sur le mélo, sur le grotesque, sur l'imaginaire, Bong Joon-ho est impérial et complètement inattendu. La créature furieuse emporte une fillette dans son antre en guise de provision, tandis que la rumeur parle d'un mystérieux virus et que les Américains, décrétant la Corée incapable de gérer la crise, prennent les choses en main. La famille de la fillette - son père pas très malin, son grand-père propriétaire d'un snack, son oncle jeune diplômé chômeur et sa tante championne de tir à l'arc - défient les autorités et partent à sa recherche. Le monstre est à la fois une métaphore dégénérée (de l'Amérique ou de la Corée, comme on veut) et un pur objet fantastique qui dérègle autour de lui les lois de la gravitations et ouvre sur une poésie de la suspension et de la pesanteur. Et puis toujours ces visions venues d'ailleurs (tandis que la famille fait une pause déjeuner, la petite fille apparaît comme par enchantement et tous la nourrissent comme si de rien n'était - n°1 du top des meilleures scènes de Cannes 2006) et ces gags hilarants sortis de nulle part qui s'accouplent à l'action sans jamais la ridiculiser. D'une inventivité de tous les instants, le film est rapide et tenu jusqu'en ses saillies les plus surréalistes, tout en ménageant une émotion et une puissance romanesque d'une intense pureté. The Host est à l'image du monstre, une sorte de Godzilla redessiné par Lovecraft, Alien + 3 ou 4 Spielberg concentrés en deux heures, la comédie la plus drôle de l'année, une œuvre aberrante et sublime, d'une richesse inouïe. On s'en tient là pour l'instant, nul doute que la sortie en salles du film (non datée pour le moment) nous donnera l'occasion d'y revenir plus précisément." (J-P Tessé, Chronic'Art, les Cahiers du Cinema).
Ca fait plaisir de lire des choses un peu plus passionnées que le mou consensuel d'un Volver ou le n'importnawak d'un Southland Tales. Mais bon évidemment, the Host ne fait pas partie de la compétition... Le festival de Cannes n'est pas prévu pour regarder des films .. fantastiques...coréens...avec aucune star connue !
00:23 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
04.05.2006
Remake hollywoodien (1)
J'en avais déjà parlé dans un article à l'occasion des sorties cinéma de l'année 2006. Mais vu que la bande-annonce est disponible sur internet... Je veux parler du remake de l'excellent film coréen "Il Mare" avec la sublime Jeon Ji-hyeon, sorti il y a déjà 6 ans (pfiou, le temps passe vite!). 
C'est une belle histoire d'amour qui commence grâce à une boîte aux lettres qui permet un dialogue avec l'ancien propriétaire d'une maison sur le lac. Le film coréen reposait surtout sur la qualité de la photographie et de ses interprètes, parvenant à dégager une atmosphère douce, mélancolique et romantique (cf l'affiche du film).
le trailer de l'époque mettait l'acent sur le drame, avec des scènes filmées pour l'occasion. Mais pour mieux comprendre le film regardez ce clip (et arrêtez vous aux 2/3 pour ne pas voir le tournant du film). Superbe clip avec la musique et la voix originale.
La critique de SanchoAsia ne fait pas dans le spoiler, vous pouvez la lire sans craintes.
Evidemment le film pêche par son manque de rythme, mais pour peu que vous vous laissiez bercer par l'ambiance, vous ne regretterez pas le visionnage de ce film, malheureusement disponible qu'en import.
Evidemment les américains ont sauté sur ce petit bijou (comme tant d'autres), pour en faire un remake... avec les deux protagonistes de Speed (Keanu Reeves et Sandra Bullock). Et forcément, le ton du film n'est plus du tout le même, en tout cas d'après ce qui se dégage de la bande-annonce de The Lake House (prévu en juin aux USA et le 26 Juillet chez nous sous le titre mensonger "entre deux rives" - je cherche toujours le rapport).
Exit le ton mélancolique, place à une bande son avec groupe de rock, et la photographie n'a plus rien de romantique : on ne montre plus que les protagonistes, ce qui est d'ailleurs visible sur l'affiche.
Pire que tout, la bande annonce prétend que le film a été écrit par le très récompensé David Auburn. Il a du beaucoup bosser dessus. Il faudra faire un arrêt sur image pour distinguer à la fin "based on the movie "Il Mare". Y en a qui manquent pas de culot, au moins !
Malgré tout, j'attends ce film, j'ai toujours beaucoup aimé Sandra Bullock, et puis peut-être qu'il se dégagera tout de même une certaine alchimie, à défaut d'ambiance romantique...
Enfin l'objet de cet article était quand même de montrer le processus de remake d'Hollywood qui vous vend un film comme s'il avait toujours été américain.
23:59 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
26.02.2006
Sad Movie
Sad Movie, c'est un film qui réunit une pléiade de grands acteurs coréens...dans un film qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'est pas triste. Sauf à la fin. Parce que sinon les gens crieraient "remboursez !". Peut-être pas aussi fabuleux que le casting, le film n'en reste pas moins un bon film, parsemé de moments tendres, naifs, mignons, et cruels. Mention spéciale à la muette romantique qui "drague" en costume de parcs d'attraction. Ou au personnage de Cha Tae-Hyeon ("My Sassy Girl") qui gagne de l'argent en servant de punching ball vivant.
Et pourquoi j'en parle, alors ? Tout simplement parce qu'une fois encore j'adore ses affiches. Il y a tellement de choses qui passent en un regard, surtout quand on pleure. Et photographier des larmes c'est pas si facile...
00:43 Publié dans ciné-dvd | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma, sad movie, cha tae-hyeon, corée, affiche, pleurs


