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15.03.2006

CPE, désinformation et violence

J'avais envie de commencer mon article en mettant la phrase "le débat sur le CPE fait rage". Mais en fait non. Il n'y a plus débat. Ca fait longtemps qu'une vaste campagne de désinformation a été menée sur tous les fronts, en collaboration avec les médias qui préfèrent passer 10 minutes sur des manifs plutôt que d'expliciter en quoi consiste le CPE. Oui, enfin c'est pas comme si les médias faisaient de l'information, hein.

Les mêmes arguments reviennent encore et toujours, mais personne ne vérifie les faits ?

- "le passage en force du gouvernement". Contrairement à l'idée reçue (ou aux mensonges proférés), l'article sur le CPE est le résultat d'une négociation avec les syndicats, il a été débattu pendant de longues heures au parlement et il a été voté. Donc non , le CPE n'est passé en force !! Le CPE n'étant qu'une partie du dispositif mis en place vis à vis de la précarité des jeunes, d'autres articles devaient être votés. Mais les socialistes ont fait obstruction en employant toutes les ruses possibles et inimaginables pour retarder le vote. Les socialistes ne cherchaient pas le débat, et ne l'ont pas crée. Résultat : ils ont fait perdre 8h à des députés avant même qu'on lise un article. J'ai d'autres conceptions de la démocratie, les députés ont suffisamment de lois importantes à voter, leur faire perdre du temps par pure bassesse, c'est scandaleux. La manoeuvre était en plus parfaitement orchestrée, un député socialiste l'avouait lui-même, le but était de forcer le gouvernement à sortir le 49.3 pour pouvoir crier "au passage en force". Pourtant le 49.3 a justement été créé pour ces cas précis !

- "l'employeur peut vous virer du jour au lendemain sans motifs". C'est entièrement faux. Premièrement il y a un préavis d'un mois, c'est pas du jour au lendemain. Deuxièmement, il faut un motif ! Sinon aux prud'hommes l'employeur perdra. La différence, c'est qu'il n'est pas obligé de NOTIFIER à l'employé son motif. La nuance est de taille. Ca permet à l'employeur d'avoir sa flexibilité : si l'employé se révèle être un glandeur au bout de 8 mois, il peut le virer sans trop de difficultés. On obtient donc un employeur rassuré, il peut prendre le risque d'embaucher quelqu'un plutôt que de prendre des stagiaires ou de répartir la tâche sur les autres employés. Du reste, l'employé également peut quitter comme il le veut tout en gardant son indemnisation chomage. C'est un énorme avantage quand on sait qu'une démission vous empêche d'avoir les assedics.

-"quel intérêt si c'est un CDI camouflé" ? C'est plus qu'un CDI. Dès le premier mois on a accès à une formation continue, au lieu d'un an auparavant. Un avantage énorme pour se former rapidement et être compétitif. D'autres avantages sont liés : l'indemnisation chomage, l'aide au logement ou au crédit etc...dans des proportions qui sont à négocier avec les partenaires.


-"c'est anti-constitutionnel, car discriminatoire - ça ne s'adresse qu'aux moins de 26 ans : Dans ce cas va falloir supprimer les emplois-jeunes et d'autres contrats subventionnés pour les moins de 26 ans (j'ai déjà été recalé pour un poste parce que j'étais trop vieux. Génial ! Sans compter les formations accessibles qu'aux moins de 26 ans). La discrimination elle est déjà là, mais bizarrement quand elle provient de lois socialistes, personne ne fait appel au Conseil Constitutionnel.


-"ça ne créera aucun emploi". Ca on ne le saura que si on essaye. On peut toujours retirer le CPE au bout d'un an si ça ne fonctionne pas. D'autant plus qu'il y a des élections en 2007 ! D'autres pays adoptent une flexibilité et leur croissance remonte, pourquoi nous ne pourrions pas en faire autant ? En 20 ans personne n'a trouvé de solution miracle qui satisfasse l'employeur et l'employé. S'il y avait une solution miracle ça se saurait. Tout ce qu'on sait c'est que pour certains pays ça marche. Pourquoi pas nous ? Le CPE, une mesurette ? Peut-être, mais si on permet à quelques centaines de milliers de jeunes exclus de retrouver du boulot, ça sera déjà ça. L'argument de la flexibilité, c'est que si on perd un boulot on peut en retrouver un plus facilement également, et ce, grâce à la formation continue (accessible dès le 1er mois pour le CPE)... et à l'expérience obtenue (un CPE c'est beaucoup mieux sur le CV qu'un simple stage ou rien du tout !)


-"je ne veux pas d'un monde précaire". Moi non plus. Mais il l'est déjà. C'est fini le rêve du CDI à la sortie des études, le même boulot pendant 40 ans. Alors oui, c'est dégueulasse, d'autant que les employeurs d'aujourd'hui sont moins diplomés que nous, ont eu moins de difficultés pour rentrer sur le marché du travail, et auront une meilleure retraite. Mais crier au "No Future" arrange-t-il le problème ?

En l'état actuel, oui la jeunesse a du souci à se faire. Mais pas (majoritairement) à cause du CPE. A cause de l'incroyable léthargie de la France et de son renfermement sur sa coquille. J'aimerai bien qu'on essaye des vraies mesures radicales, et pas des rafistolages à droite à gauche à cause d'échéances éléctorales. Car le temps presse. Tous les indicateurs sont au rouge vif. Et il serait temps que la population se réveille au lieu de se bercer de douces utopies d'un modèle français qui vit indépendant du monde qui l'entoure.

Du reste, les récents évènements sont préoccupants. Qu'on ne soit pas d'accord avec le CPE, c'est tout à fait compréhensible, (et je suis loin de dire que c'est la solution miracle) mais il y a quand même des choses qui m'énervent :

- la récupération politique des étudiants et lycéens. Il faut être très naif pour croire que les blocages d'universités ne sont pas orchestrés. Les menaces de M.Hollande sont à ce titre effarantes : "abandonnez le CPE sinon vous serez responsables de ce qui pourrait se passer". En langage clair, oui, c'est du chantage sur le premier Ministre. Faudra d'ailleurs m'expliquer pourquoi SOS racisme s'occupe de certaines manifestations, ou pourquoi des fonctionnaires sont contre le CPE (ils ne sont pas concernés).

- la violence. On peut manifester, mais on n'est pas obliger de tout saccager (des livres vieux de 2 siècles ont été détruits à la Sorbonne), et encore moins de recourir à la force. J'ai été très choqué par la violence des affrontements, avec des charges de "pseudo-étudiants" qui poussaient des grilles sur des CRS. Un CRS a été gravement touché. Il a une famille, lui aussi. Ca aurait été un lycéen de touché, on en aurait vendu des journaux avec ce gros titre. Mais le CRS, il s'est contenté d'être stoique et de se prendre un gros pavé sur le crâne. Comment voulez vous que ça ne dérape pas avec de tels débordements ? La violence engendre la violence.

- le blocus des universités. Là c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Des milliers d'étudiants sont pris en otage, on leur empêche de réussir leur année. Tous les votes sont scandaleusement annulés au profit d'AG "à bras levés" ne réunissant que des contestataires même pas étudiants pour certains d'entre eux. Lorsqu'il ya vote démocratiquement organisé, la réponse est sans appel : 70 % des étudiants sont contre le blocus et souhaitent une reprise des cours. De quel droit un syndicat étudiant MINORITAIRE peut se proclamer représentant des étudiants ?

Pour mieux comprendre le scandaleux déroulement d'une AG, j'ai pris ce texte sur un forum :

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Hier, université Bordeaux III (Lettres et Sciences humaines).

J'arrive à 8H15, pour suivre mon cours commençant dans un quart d'heure. Dès la descente du tramway : des piquets de grève devant les entrées. J'attrape un Métro: la page de couverture
annonce que le blocage à été décidé samedi, par une Assemblée Générale (ou "AG", ça fait plus style (pronocez "staïle")) de 200 à 300 personnes... sur 18000. On sent bien là une volontée générale.
Une bloqueuse crie qu'il y aura une réunion à 9H30, et une AG avec vote à 12H30. Donc, réunion sans aucune utilité. Je passe le temps en finissant un boulot dans une bibliothèque inter-facultés (et c'est pour cela qu'elle était ouverte), je vais me nourrir, puis me décide à aller assister à la fameuse AG (car je pourrais ainsi mieux parler de la merde après y avoir goûtée). Je croise quelques connaissances aux avis divers, puis pènètre dans l'Amphithèâtre 700 (renommé il y a quelques jours "Joëlle Aubron, en hommage à cette meurtrière d'Action Directe morte recement).

12H30 : salle comble, pas assez de places assises pour tout le monde. On parle de 900 personnes présentes. Au pied de l'estrade, 3 ou 4 cameramen et photographes, quelques nervis de SUD et de la CGT, et une vingtaine d'invidus arborant drealocks, couleurs jamaïcaines, khiefés, ponchos et effigie du Che. Des gauchos, quoi, des purs et durs qu'on avait pas du voir en train d'user leur fond de culotte sur des bancs d'université depuis longtemps. Il y en a un qui taquine sa guitare, de manière génerale, ils ont l'air content.
Une petite pensée pour eux, tout de même : ça va parler de chomâge et de précarité, et pour eux, ça risque effectivement d'être dur de se faire embaucher avec une dégaine pareille.

Sur l'estrade, le fameux comité d'action étudiante, ou une formule pseudo-révolutionnaire dans le genre. Deux gonzesses et un roots aux cheveux longs, que j'appelerai la Joconde par comodité et pour faire plaisir aux nostalgiques de Joypad. Derrière eux, un tas de thermos, bouteilles, et autres détritus. Quand le brouhaha cesse, il (la Joconde, je devrais dire "elle", mais bon...) prend la parole. Il explique qu'il est content, tout ça, que des "camarades" (texto, je le jure) font passer des feuilles pour s'incrire à leur fameux
comité, et que les intervenants devront se désigner avant le debut des interventions. Il prévoit à ce sujet une durée de deux heures (et putain, ça fait un choc!), avant ennnnnfinnnn le vote de la reconduction du blocage. Mais d'abord, un premier vote à lieu pour que la "légitimité" de l'AG ne soient pas contestée. Mains levées, un coup pour, un coup contre, puis les abstensionnistes et enfin ce qui ne prennent pas par au vote. Grosse majorité pour, j'ai pour ma part voté la dernière option car ce rassemblement n'a justement aucune légitimité.
Une militante prend la parole, et décide de résumer la "réunion" du matin, où il y avait parait-il peut de monde (ben oui, ça servait à rien). Alors le CPE, c'est pas bien, Villepin, il veut pas nous écouter, "nous", la jeunesse, et on pourra être viré pour n'importe quel, motif, du style si on est syndiqué ou qu'on veut se faire payer les heures sup'.
Premier mensonge d'une longue liste.

La Joconde prétend ensuite qu'en faisant durer le mouvement, les examens seront repoussés en Juin (c'est censé faire plaisir?) car "on ne peut pas nous demander quelque chose que l'on n'a pas vu en cours". Il a du en passer beaucoup, de partielles, pour sortir une ânerie pareille! Du moment que c'est au programme, on peut tomber dessus, c'est tout!
Il embraye sur les propositions de Toulouse, à savoir le retrait du CPE, le retrait du CNE, et l'admistie des lycéens des grèves de l'année dernière, des casseurs (enfin, il a pas dit ça comme ça) de la Sorbonne... et des émeutiers de Novembre!!! On nous propose pas voter pour les adopter ou les rejetter, ce qui signifie qu'on nous associe tous à cette sinistre farce.
Une fois les lapsus terminés, place aux interventions.

Quelques intervenants se succèdent, explosant les deux minutes de temps de paroles voulu par la Joconde. Il annonce en effet pas moins de quarante intervenants, on a l'impression que ça
ne finira jamais. Les orateurs, quand c'est à leur tour de parler, se présentent, et ça commence souvent "je suis militant de SUD ou de l'UNEF". Un cégétiste bedonnant (ben ouais,
le gros rouge...) explique que son syndicat "nous" soutient, ainsi qu'une mamie des IATOS (le personnel non enseignant, ou un truc comme ça). Deux gars courageux se prononcent contre
le bloquage, rappelant le déclin économique de la France et l'absence de démocratie de cette méthode, et surtout qu'il fallait être sacrement conservateur pour vouloir retourner à Mai 1968. Ceux-ci récoltent moitié d'applaudissement, moitié de huées, et beaucoup d'insultes des premiers rangs. Vient ensuite une racaillette (oups, le mot choque? M'en branle.) hurlant qu'elle vient de Bordeaux IV (Droit), et que là-bas, c'est grave moins bien mobilisé. En plus, ça devrait être les premiers à gueuler, vu ce qu'ils étudient (oui, nous, nous sommes trop con); et en plus, ceux qui sont contre, ce sont les mêmes qui collent des affiches "La France aux Français" et qui s'agitent derrière les grilles, comme des singes! Merci, je viens d'apprendre que j'étais raciste et que je n'appartenais peut-être même pas au genre humain! Une personne près d'elle avec un chapeau s'offusque, mais se ravise, réalisant que cela ne sert à rien sans micro. Plus tard, les deux s'engeuleront pendant qu'un tiers parle. Voyant la Joconde et les nervis se diriger vers lui, le chapeau s'en ira, sans que la racaillette soit inquiètée.

D'une manière générale, les orateurs ne sont pas très bon, bafouillant, evoquant des généralités, et faisant saturer les haut-parleurs (pas besoin de crier quand on a un micro!). Les cameramen somnolent, les rastas devant fument, le public applaudit toute les trentes secondes, c'est pire que l'émission avec Arthur et ses boîtes. Une caisse circule pour qu'on y mettent une pièce pour le comité, ce que font "ceux-qui-ne-veulent-pas-être-exploités". Quelques un commencent à s'en aller, parce que ça commence à faire long, et la Joconde propose d'instaurer un vote par procuration. Celui est rejetté (189 voix contre, 179 pour). J'ai voté contre, pour pas perdre encore 3 heures à discutailler pour aboutir à un truc aberant (du style lever les deux bras au prochain vote). L'hémorragie cesse.

Vient ensuite le tour du président de l'université. Le silence se fait, c'est le président, kammême. Aprés avoir dit qu'il soutenait le mouvement anti-CPE (encore un clown qui n'a pas comprit que de par sa position, il devait imposer un minimum de respect et d'autorité), il se lance dans un discours disant, dans le désordre, qu'il était respectueux, attristé, attentif ou un truc comme ça. En gros, ça lui rappelle la jeunesse sur les barricades, sortez les violons (enfin, les rastas avaient bien une guitare et des djembés, mais pas de violons). Alors qu'il promet que les cours durant le bloquage seront annulés, les nervis SUDistes se mettent à hurler et à lui intimer l'ordre de "signer". Apparement, il avait promis deux journées banalisées la semaine dernière, il n'y en a eu qu'une. Tant mieux, qu'ils s'engeulent entre eux.

D'autres militants se succèdent, affirmant que "nous" on veux retourner à Mai 68, mais que "eux", avec le CPE, ils voulaient retourner aux mesures de 1830 par le second Napoléon (sic). Je pense qu'il voulait évoquer Napoléon III de 1852, mais ils sont sans doute allés en cours plus souvent que moi.

Un gars vient se plaindre du fait que les partisans du blocage considèrent qu'ils representent tous les jeunes , puis une étudiante évoque les livres déchirèes et brûler par les occupants de la Sorbonne.
Des intervenants proches du comité interviennent à nouveau (on avait pourtant tous compris que chacun n'avait droit qu'à une intervention, mais bon, faut faire une exception pour rétablir la "vérité").
Alors, d'abord, les livres détruits, c'est de la propogande de l'Etat, puis après, c'était à cause d'intervenants extérieur (et à qui la faute s'ils ont pu rentrer?), ensuite, ce qui a brûlé, ce n'était que des tracts de l'UNI, et enfin ces bouquins, c'étaient genre du 18ème siècle sur Jean-Paul II (resic). Règle n°1 du mensonge en groupe : se mettre d'accord sur une seule version. Enfin, on est rassuré, ça concernait juste des documents en rapport avec la civilisation judéo-chretienne, ça aurait été un CD de Sniper, ça aurait été grave.

Ensuite, ce fut au tour d'un vrai François Pignon, sauf que celui-là, s'il est invité à un diner de cons, on le plaidra pas.
Il commence par évoquer des soit disant mesures policière visant à indiquer l'origine ethnique lors des interpellations, venant de Sarkozy qu'il qualifie de "pétainiste". Silence gêné, soit à cause de l'énormité de ses propos, soit parce que Sarko reste un minimum populaire.
Ensuite, Villepin serait selon lui "monarchiste", comme le montrerait son patronyme. Huées.
Le petit Staline n'a heureusement pas le talent de son mentor.
Après la pire intervention, une professeur d'Espagnol vient nous dire qu'elle "nous" soutient, et que LES ETUDIANTS QUI NE MANIFESTENT PAS PROFITENT DES EFFORTS DE CEUX QUI MANIFESTENT, DANS L'INTERÊT DE TOUS! Je ne sais pas si qui est le plus époustouflant: le culot, ou la démagogie?
Enfin, quelques un finissent par évoquer les "manigances" de l'UMP, du MEDEF, etc, mais oublient d'évoquer le rôle décisif de la CIA. Au milieu d'un flot d'insultes le gouvernement
Villepin est affublé de l'étiquette la plus horrible d'entre toutes : pragmatique.

Au final, la Joconde aura eu tort sur la quantité d'intervenants (qu'une dizaine), mais raison sur la durée (plus de deux heures!). Les applaudissements qui se raréfiaient, par fatigue, ressurgissent, ils ont convaincu les indécis.
La Joconde procède au premier vote, à propos du renouvellement du comité. Oui sans équivoque, personnellement, je m'en fous, on aura quoi qu'il arrive une bande de rouges.

Vient ensuite le vote tant attendu. "Ceux qui sont contre le vote de la grève lèvent le bras." Attends... Il s'agit de se prononcer contre le principe du vote, ou bien de rejetter la
grève? Bon, je vote contre. Autant de bras que de sapins dans le désert.
Maintant, "ceux qui sont pour la grève!". Ha, là c'est plus clair, comme c'est bizarre.
Adoptée massivement.

Au tour du blocage : seul le cinquième de l'amphithéâtre est contre, à tout casser.
Joie qu'on nous présente comme générale, les tables servent de tambour.

14H45 : les départs commencent, je me dirige moi-aussi vers la sortie. La Joconde explique qu'ils dorment ici ce soir, que ça va être la fête, et se rappelle qu'il fallait discuter de propositions à propos du mouvement. D'autres votes ont lieu, comme organiser un concert en ville, avec l'aide de ces chers intermittents qui ne savent vraiment pas comment occuper tout leur temps libre, ou porter un brassard pour montrer sa contestation (ça rappelle pas du tout les milices...).

Voilà le recit d'une "AG" comme il y en a certainement beaucoup. Et c'est un triste constat : les deux camps sont totalement fermés, les bloqueurs ne résonnant que par idéologie, et n'ont d'autre but que d'instaurer un trouble se voulant révolutionnaire.
Plus grave : les étudiants neutres ou ouverts se sont totalement laissés embrigader par la rhétorique d'extrême-gauche, acceptant le concept réducteur et inaplicable d'une société divisée en deux classes, et ne voulant pas voir que la mondialisation impose une adaptation.
Ce serait pourtant aux étudiants d'être les moins victimes de la pensée réactionnaire et protectionniste...

Ce qui me rassure, c'est que les anti-CPE peuvent difficilement aller plus loin dans leur rejet. Ils occupent les universités, manifestent, saccagent les locaux de l'UMP : que peuvent-ils faire de plus?
Villepin ne doit de son côté pas céder. Il a tenu plus longtemps que ses prédecesseurs; s'il lâche, plus aucun homme politique n'osera pondre une réforme!
Le pire, c'est que le CPE, ce n'est quand même qu'une mesurette, il n'y aura aucun changement remarquable, dans un sens comme dans l'autre! Mais il y en toujours prêt à lutter pour lutter, même si la fin n'en vaut pas les moyens.
On est donc dans une guerre d'usure. Le déploiement massif de CRS pourrait résoudre illico-presto le problème, mais encore faut-il l'accord des recteurs.

Je m'excuse si l'image des gens d'extreme-gauche que je dépeints semble insultante, mais je n'ai fait que relater ce dont j'ai été témoin. J'ai essayé de ne pas être caricatural, mais j'assure être en dessous de la réalité. De même, si de nombreuses personnes se désigneraient comme simplement de gauche, le fait qu'elles adoptent des idées et une rhétorique extrémistes les place de facto comme étant "d'extrème-gauche".

L'ambiance soit disant festive des "AG" n'est qu'un leurre : le but des intervenants étaient bel et bien de se montrer le plus mesquin possible, en glissant un maximum d'allusions pouvant faire passer ceux qui veulent aller en cours pour des fascistes. On ne cherche pas à comprendre son opposant, et ce n'est bien sûr pas une surprise, on cherche carrement à le tuer dans l'opinion.
C'est donc un climat délètère qui pèse sur l'université. Pour moi, les responsables sont ceux qui usent et abusent de discours violents : les bloqueurs.
Je n'ai en effet pas assisté à deux heures de discours de gauche, mais bien à deux heures de "dictature du prolétariat".

--------- (fin du compte-rendu)

 Voilà avec ça j'ai battu le record de l'article le plus long. Merci à ceux qui le liront jusqu'au bout ;)

Commentaires

Alors je suis a 200% d'accord avec toi et le mec du forum à propos des violences et des blocages. Et pour paraphraser ce qu'a dit le monsieur, c'est étonnant de voir à quel point certains étudiants sont étroits d'esprit et intolérants... Ca promet pour l'avenir !

Ensuite, je voudrais revenir sur le coup du licenciement au bout de deux ans. J'avoue que c'est le gros truc qui me choquait "quoi ? se faire virer au bout de 2 ans sans raison ? et c'est légal ?!" y'a de quoi être en colère ! Maintenant tu nous expliques, Eclair, que c'est pas comme ça que ça se passe... Je demande qu'à te croire, et à vrai dire ça paraissait vraiment étonnant. J'entendais à la tv tout à l'heure quelqu'un dire "où est l'intérêt pour un patron de licencier un jeune à qui il a payé une formation ? Ca lui coûte cher; il a besoin de garder ce jeune au sein de l'entreprise pour avoir un 'retour sur investissement'" (ce ne sont pas ses mots, mais l'idée y est). Donc, on peut pas se faire virer "comme ça" ? T'aurais une source à nous citer, histoire qu'on n'ait pas à te croire sur parole ? (ouais paskeu, ton article est très intéressant, mais on sent bien que t'es de droite, et que la gauche t'aimes pas ça hein ;-) Donc c'est juste pour avoir un peu plus d'objectivité).

Ma mère m'avait dit "mais t'imagines si tu veux prendre un crédit ? C'est impossible aucune banque n'acceptera si t'es en période d'essai !". Or j'ai lu tout à l'heure sur le blog du premier ministre qu'une sorte d'entente avait été effectuée avec les banques pour qu'il n'y ait pas de discrimination au niveau des crédits accordés aux particuliers. Bon après j'ai peut-être mal compris, mais si c'est bien ça, beh je vois pas de quoi se plaignent les gens...

Bref, je prétend pas comprendre les enjeux du CPE, mais plus j'en entend parler, plus je me dis que c'est une bonne chose...
Et faudra m'expliquer ce que va amener le blocage des facs (à part des "étudiants" [appréciez les guillemets] qui ratent leur année, je vois pas trop...)

J'ai tout lu de ton article, et même relu certains passages. Je m'étonne moi-même ! (voila ce qui arrive qu'on on touche à mes libertés, je suis contraint de m'intéresser !). En tout cas c'est intéressant et bravo pour le travail de synthèse.

Ecrit par : LeBiscuit | 15.03.2006

enfinnnn... avec la manipulation la désinformation orchestrée (tous à vos bulletins de vote en 2007) ça fait du bien de pouvoir lire ce post.

Et ça les étudiants ne le savent pas. Ils devraient réfléchir un peu plus sur ce que tu écris.

Et les employeurs dans tout ça ne sont pas les gros méchants qui vont virer au bout de 2 ans quelqu'un à l'essai, qui est jeune, et qui a été formé dans la boîte... non mais réfléchissez un peu, en recours, il y a qd même les prudhomme... (et ça les syndicats connaissent bien...)

Ca me fait penser à un oncle qui est directeur d'une boîte et qui nous disait que sous miterrand c'était tellement plus simple de virer quelqu'un que sous un gouvernement de droite...

ET POURQUOI DES QU'IL PEUT Y AVOIR DES SOLUTIONS IL Y A IMMEDIATEMENT DES BLOCAGES...

POURQUOI QD DANS LES LYCEES ONT ETE MIS EN PLACE LES TPE IL Y A EU DE GROSSES MANIFS COMME QUOI C'ETAIT DE LA PERTE DE TEMPS ET QU'ABANDONNE AU BOUT DE 3 ANS IL Y AIT EU DE GROSSES MANIFS POUR LES LAISSER...

et surtout pourquoi est ce que l'opposition SABOTTE les décisions qui pourraient être prises par le gouvernement actuel. Et pourquoi y a t il autant de manipulation médiatique...

histoire de laisser monter la pression parce q les journalistes s'ennuiraient ?

Il y a eu de plus grosses abérrations avec les 35 h qui n'ont pas été favorables pour les industriels, où il fallait plutot faire la masse de travail en moins de temps... Pourtant, l'opposition du moment, la droite n'a pas fait autant de tapage...

et le contrat jeune où tu es sous payé et sans aucun avenir après cet emploi jeune ? ici il y a un cdi à la clé...

éclair ton post est tellement bien que j'aimerais en mettre quelques bouts sur mon blog... tu permets?

une dernière remarque, c'est tellement facile d'utiliser les étudiants pour augmenter la tension... c'est une mine d'or de bulletins de vote en plus !

Ecrit par : querna | 15.03.2006

Et ce que les médias oublient de dire - entre autres choses - et que les contestataires ne semblent pas non plus savoir, c'est qu'en employant un jeune en CPE (cé valable aussi pour le CNE), un patron bénéficie de certaines exonérations de charges. S'il décide, au cours des deux années qui suivent la signature du contrat, de se séparer de son employé, le patron devra s'acquitter des exonérations dont il a bénéficié! Par conséquent, ce n'est pas à son avantage de mettre son employé dehors sans raison. Mais ça personne ne le dit...

Ecrit par : Sparadra | 15.03.2006

ah ben voila une info utile Spa !

J'aurais besoin d'un éclaircissement (:D) : une période d'essai, normalement ça veut dire que l'employé peut se barrer sans donner de motif, ou que le patron peut virer sans donner le motif, nan ? Enfin je me souviens que j'avais laché un taf il y a deux ans au bout de 3 jours, la période d'essai était de 10 jours donc beh ils ont rien eu à redire.
Donc quand on nous parle de période d'essai de 2 ans... beh ça veut pas vraiment dire 'période d'essai' c'est ça ? en gros, c'est quoi un période d'essai ? (c'est ptete plus clair là :-p)

Ecrit par : LeBiscuit | 15.03.2006

Avec le CPE/CNE, la période d'essai est en fait de 2 ans. Lorsque l'employé en contrat CPE/CNE souhaite démissionner, ça se fait dans les mêmes conditions que pour un CDI (lettre recommandée et préavis de deux semaines à un mois selon les cas).
Quand c'est le patron qui souhaite mettre un terme au contrat, d'après ce que j'ai compris aucune justification n'est obligatoire, mais là j'avoue que cé un peu flou puisque le salarié mis à la porte à le droit de recourir aux prud'hommes s'il considère avoir été viré de manière abusive. En fait, il semblerait que ce soit à celui qui est viré de démontrer qu'il a été licencé de manière abusive alors que pour le CDI c'est au patron d'indiquer le motif (j'ai lu ça dans la presse, mais je me rappelle pas où).

Ecrit par : Sparadra | 15.03.2006

Ah ok...
Mais sous cet angle là... on peut se faire virer un peu comme ça alors, nan ?

Je comprend pas trop

Ecrit par : LeBiscuit | 15.03.2006

Oui on peut se faire virer comme ça. Mais bon si cé flagrant que cé abusif, les recours sont les mêmes que pour les autres contrats. Moi je pense que le préavis de 15 jours (autant du côté du salarié que de l'employeur) est beaucoup trop court. Faut quand même pas abuser... Cé le seul point criticable de ces contrats.
Dans mon cas, je serai en CNE parceque je m'en vais délibérément en septembre donc je ferai une lettre de démission en respectant le préavis. Je devais être en CDI, mais pour me passer en CDD l'employeur devait justifier d'un besoin particulier, ce qui n'est pas son cas. Donc dans ma situation, le CNE est le bienvenu.

Ecrit par : Sparadra | 15.03.2006

Ouais mais parait qu'aller aux prudhommes (c'est comme ca qu'on écrit ?) ca prend du temps, der l'argent, et de l'energie... Alors ca semble pas etre un recours vraiment raisonnable quand t'as bossé 1 an dans une entreprise...
Et on me dit que le coup des banques qui considerent le CPE comme un CDI, c'est juste pour calmer les esprits mais qu'en vraie elles vont pas considérer ces deux contrats de la même façon...

Enfin voilà, c'est dur de s'y retrouver entre ce que disent les uns et les autres, chacun mettant bcp d'enthousiasme dans son argumentation...

Ecrit par : LeBiscuit | 15.03.2006

Enfin un vrai débat ! (dommage que tu ne nous ais pas éclairé avant tu sais où espèce de lâcheur :p)... Alors ouais c'est vrai qu'en lisant à droite et à gauche, je me suis rendue compte que c'était pas si mauvais que ça... le seul hic c'est la fameuse période d'essai de 2 ans... comme le dit Sparadra c'est vrai que 15 jours de préavis c'est un peu abuser, et le fait de ne pas dire à l'employé pourquoi il est viré là aussi c'est abusé. Mais il ne manque que quelques ajustements finalement... c'est là où le mot clé devient CONCERTATION peut-être. S'assoir et ajuster ce qui peut l'être, car dans le fond il ne manque pas grand chose pour avoir un concensus à condition que l'informations ne soit pas manipulée et c'est là que ça se complique : vive la désindormation !

Et ça me met en rogne cette désinformation. Pour une fois je suis d'accord avec toi (c'est rare quand on papote politique ! hihihi ^^) Franchement de ce côté de l'océan, c'est vraiment pas clair ce qui se passe en France. On sait que ça gueule, mais on ne sait pas vraiment pourquoi...

Y a jamais rien de simple en France on dirait...

Ecrit par : Emma | 16.03.2006

Je suis très atristé par tout ce qui se dit sur la légitimité du CPE et de ceux qui soutiennent un tel contract, conçu par une seule personne ( Mr VILLEPIN : 2007 éléction présidentielle... ) à l'écart de son partie et de ses conseillers, ni à l'écoute de ses derniers et sans aucune discussion avec nos représentants politiques ou autres.
Je ne discuterai ni sur le fond ni sur la forme de ce contract; je souhaiterai seulement mettre en lumière cette folie si politiquement-correct.
Comment peut-on vivre en tranquilité avec sa conscience lorsque que l'on sait que le Tiers-Monde se meurt sans l'aide ni l'attention que chaque homme doit porter à son prochain mais surtout à son proche. Heureusement donc que le traité constitutionnel ait été rejété...
Mais comment peut-on vivre serein tout en sachant que quelq'un, qu'un individu peut-être traiter en esclave : sans présent ni avenir, en 2007, en France, pays des droits de l'Homme et de la Révolution de 1789.
Personnellement je ne peux pas et je ne veux plus vivre dans un tel désoeuvrement moral :
le bonheur est un droit fondamental que l'on doit tous s'attacher à atteindre.
Et en ce qui concerne le blocaque des facultés je tiens à affirmer mon soutien autant en parole qu'en acte. Je tiens particulièrement à remercier tous ceux qui y participent et, qui tiennent face à une minotité qui s'agrippe à notre résolution.
Ce CPE nous concerne tous et toutes et, le seul moyen de faire éclore notre victoire est le blocus des facultés; le seul et l'unique moyen, à mes yeux, pour la réussite de notre choix.

Ecrit par : Paul-michael | 17.03.2006

Le CPE est le résultat de discussions avec les partenaires sociaux, de longues discussions dont certaines avaient pris naissance bien avant les émeutes en banlieue. Il a évidemment été conçu avec les conseillers qui l'entourent, il n'a pas rédigé de lui-même ce contrat tout seul dans con coin !
Je ne vois pas trop le rapport avec l'aide au Tiers-Monde (sujet fort honorable), par contre je vois le rapport avec la Chine, l'Inde, et dans une certaine mesure le Brésil. De la même manière qu'on ne peut pas oublier le Tiers Monde, on ne peut pas oublier la compétition globale avec les pays émergents. Si nos entreprises ne peuvent pas être réactives au marché, elles meurent. Et nos emplois avec. Aucune belle intention n'y changera quelque chose. On peut le déplorer et rester assis en défendant ce qu'il nous reste, sachant que le temps ne joue pas en notre faveur, ou bien on peut regarder la vérité en face, et se dire qu'il y a des concessions à faire pour qu'on survive.
Je ne vois pas non plus le rapport avec la notion d'esclavage. Avec le CPE, ton niveau de protection reste infiniment supérieur à tous les autres pays du monde. Et c'est incontestable.
Relis la déclaration des droits de l'Homme, le droit au bonheur n'y figure pas. C'est une belle idée, généreuse, mais irréaliste.
Mais puisque tu cites les droits de l'Homme, en matière de blocus universitaire, je pense qu'il y a débat. De quel droit peut-on empêcher les étudiants -qui ont payé leur cursus- d'obtenir leur diplome ? Nuire à son prochain j'appelle pas ça être respectueux du principe de liberté et d'égalité.
Enfin, le CPE ne nous concerne pas tous, il ne concerne que les étudiants de moins de 26 ans qui ont leur diplome en poche et qui ne parviennent pas à obtenir un boulot parce qu'on leur reproche leur manque d'expérience. Donc je ne comprend pas la présence de SOS racisme, ou de retraités dans les débats.

Merci en tout cas pour ta réponse bien écrite, ça fait plaisir. Le niveau de discussion des pro-CPE et pro-blocages est en effet assez bas sur internet.

Ecrit par : Eclair | 17.03.2006

Un petit rajout (trouvé sur un forum) qui raconte comment les pro-blocus considèrent la démocratie :

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Témoignage d'un étudiant de Tours
16-03-2006
Les opposants au CPE refusent la démocratie!!!

Comme nous pouvions nous y attendre, le resultat du référendum qui a eu lieu
à l'IUT de Tours a été favorable à 70% des votants pour la reprise des
cours!

L' AG qui s'est déroulée au taneur n'a pas reconnue ce vote. En effet, ils
estiment que le vote ne s'est pas déroulé de manière démocratique. Je tiens
tout de même à rappeler que le vote s'est déroulé dans les urnes à bulletin
secret avec présentation de la carte étudiante et émargement! Ceci dit je me
suis tout de même permis de "dialoguer" avec eux ( ils savent pas ce que
signifie le mot dialoguer) pour savoir leur conception de la démocratie. Ils
m'ont dit je cite: " Le seul vote démocratique se passe en AG avec les gens
qui sont pour le blocage et contre le CPE". Et là, je me suis fait la
refexion: " De ce point de vue là, c'est vrai que nous ne devons pas avoir
la même conception de la démocratie...". Le pire c'est que cette personne
qui m'a dit cela est en fac de lettre... Je pense que cela se passe de
commentaire.

Egalement, était censé se dérouler aujourd'hui le vote au taneur afin que
les étudiants des taneurs puissent à leur tour s'exprimer sur la question du
blocage. Je dit bien "était censé" car les urnes ont été volées...
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Je pense malheureusement que ce genre d'histoires est suffisamment explicite.
:(

Ecrit par : Eclair | 17.03.2006

oulala... il est facile le raccourci !!!... je n'aurais pas mieux dit éclair...

vraiment, j'en ai eu les larmes aux yeux, je me suis vue au moyen age sous les coups des seigneurs... Esclave, et quoi encore? on parle de TRAVAIL. un travail avec un contrat codifié. des instances pour préserver le droit des employés.

Ecrit par : querna | 19.03.2006

Les étudiants d'Aix-Marseille se mobilisent contre le blocage !!! Libérons nos facs !!!



http://liberezlafac.canalblog.com/

Ecrit par : Mimyangel | 21.03.2006

Bon ben moi Eclair, j'ai sqautte ton post ;-) Merci d'avoir fait le boulot pour moi ;-)))
Quant au commentaire de Paul Michael... je ne comprends meme pas ce quil dit. C'est pour moi de la puree de pois de bas etage et je lui conseille de venir fair un petit stage dans le tiers monde.... il saura peut-etre enfin de quoi il parle.

Ecrit par : Marie | 22.03.2006

"Le blocus de ma faculté a été à nouveau voté et, il est reconduit jusqu'au 29 mars ! "!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Liberez les facs, ouais, essayez toujours avec vos syndics étudiants aux méthodes fascites - nous tiendrons le blocus jusqu'à la dernière goutte de sueur et de sang ! On ne laissera pas passer le cpe ni, le contrat sur l'égalité des chances ni, le travail des jeunes de 14 et de 15ans la nuit...la plateforme des revendications ne fait que s'aggrandir !
Enfin je vous rappelle, ô "débloqueurs" ( vu à la télé... ), que la victoire passe avant nos partiels!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ecrit par : Paul-Michaël | 22.03.2006

J'aurai rajouté quelqes points d'exclamation, ça se voyait pas à quel point tu étais content de pouvoir t'exprimer ;)
Plaisanteries mises à part, tu me permettras quand même de dire qu'une telle confusion de l'esprit est assez effrayante. Rien que de balancer une vanne sur des étudiants "fascistes", ça ne veut rien dire. D'un point de vue théorique : l'Etat et ses représentants, ceux qui détiennent le pouvoir peuvent avoir des méthodes fascistes, mais pas des étudiants...qui tiennent à bosser (ce qui est leur droit le plus strict, et ce qui a été rappelé par différentes décisions des tribunaux). M'enfin je suppose que dans ta conception politique des évènements, les tribunaux sont également fascistes.
J'aime beaucoup également la notion de "sueur et de sang". Du style vous allez mourir en martyrs pour la cause des jeunes, parce que l'Etat veut vous tuer, bien évidemment.
Hum, sans vouloir être agressif, à un moment donné faut réfléchir à ce qu'on raconte. je sais qu'après vos réunions vous refaites le monde, mais par pitié ne confondez pas des notions élémentaires.
En ce qui concerne les revendications qui s'élargissent, mettre dans le même sac CPE et contrat sur l'égalité des chances, c'est comme reprocher à la cinquième république de créer le chomage (M. Hollande, si vous m'entendez....). C'est absurde. Quant au travail des jeunes apprentis la nuit, il est à mon sens moins choquant que de voir des jeunes déambuler à 3h du mat' dans certains quartiers (chose extrêmement fréquente). Le travail de nuit pour les mineurs est de plus extrêmement encadré par la loi (qui ne date pas d'hier, faut-il le rappeler, des dérogations EXISTAIENT DEJA).
Quand on est à bout d'arguments, et qu'on veut en découdre avec l'autorité (donc quand on fait sa crise de rebellion adolescente), essayer de chercher des noises là où il n'y en a pas, ce n'est vraiment pas à votre honneur.

Ecrit par : Eclair | 22.03.2006

J'ai failli oublier : je te fais le pari que dans quelques mois tu regretteras d'avoir loupé ton année. Tu ouvriras les yeux et tu te demanderas, avec le recul, pourquoi avoir fait tout ça. CPE ou pas CPE. La réalité te rattrapera tôt ou tard.
Du reste, je ne comprend pas l'attitude qui consiste à dire qu'on ne peut pas avancer dans la vie si on est sous contrat CPE, donc qu'on perd des mois de sa vie, et dans le même temps tout faire pour perdre du temps en empêchant la progression de ses études.

Ecrit par : Eclair | 22.03.2006

Tout ça me fait penser au slogan maintes et maintes fois répété des grévistes/manifestants : "CRS SS".
Je sais pas s'ils savent ce qu'est un SS, je sais pas s'ils sont déjà allés en cours d'histoire (donc je sais pas s'ils sont vraiment étudiant), mais faut quand même être particlièrement con/prétentieux/irresponsable pour sortir des énormités pareils.
Comment peut on OSER comparer la situation d'aujourd'hui à celle des années 1940 ?! S'ils avaient vraiment eu affaire à des SS, je ne pense pas que le seul blessé ait été un syndicaliste bourré à 2.5g/L...
Voilà, petit coup de gueule sur un détail probablement insignifiant, mais hautement plus choquant que toutes les mesures du CPE à mon sens. Pask'une partie de la jeunesse elle se plaint, mais elle ferait mieux de réfléchir avant d'ouvrir sa trop grande gueule (et je ne généralise pas à tous les manisfestants bien entendu).

Ecrit par : LeBiscuit | 23.03.2006

Paul-Michaël: Super on a trouvé avec toi notre Ché des bacs à sables...:D. Ton argumentation (hum hum) n'est qu'un mille-feuille sans queue ni tête de raccourcis idéologiques. Personnellement, je me suis crue un instant sous Staline. Coupez-leur la tête ces koulaks, ces bourgeois. Le peuple c'est nous ! Au pilori les opposants.:D Et demain sera plus beau....On connaît le résultat de ces expérimentations hasardeuses.
Ca fait limite peur, c'est la révolution par le vide hélàs que tu nous proposes camarade...
Alors revoie un peu ta doctrine, là ça sent le toc !

Ecrit par : Alexandra | 24.03.2006

Bon sang que c'est bon de vous lire ;-) Les valeurs de mon ancien pays ne sont donc pas totalement mortes? Merci

Ecrit par : Marie | 25.03.2006

Merci Eclair pour cette note qui pose les bonnes questions...

J'ai été particulièrement contente de trouver ces témoignages sur la façon dont se déroulent les fameuses "AG" étudiantes... mon copain étant lui-même allé à une AG à la fac de Tours où il est inscrit, a pu remarquer que la réunion commençait par des avertissements du genre : "Ceux qui sont contre le CPE n'ont pas le droit de voter" et même "ceux qui sont contre le blocage n'ont pas le droit de voter"!

Je suis bien d'accord aussi avec ce que tu dis sur la précarité... Stagiaires, vacataires : les emplois instables et même sous-payés pour les jeunes, ça existe déjà depuis longtemps!

En revanche, je suis sceptique par rapport à tes espoirs d'une bonne utilisation du CPE pour les patrons... Car dans le cas des stagiaires et des vacataires, les patrons (et même l'Etat dans le cas des vacations) savent bien faire tourner des jeunes suffisamment diplômés, sans les payer à la hauteur du travail qu'il font... et sans proposer de CDI à la clef (dans le cas de l'Etat, ben il lui suffit de baisser le nombre de postes aux concours de la Fonction Publique).

"Faudra d'ailleurs m'expliquer pourquoi SOS racisme s'occupe de certaines manifestations, ou pourquoi des fonctionnaires sont contre le CPE (ils ne sont pas concernés)." : pour SOS Racisme, je vois pas trop non plus... Mais les fonctionnaires ont le droit, comme tout citoyen, d'avoir une opinion sur le CPE : si ce n'est pas eux que ça concerne, ça pourra concerner leurs enfants!

Ecrit par : Crooke | 26.03.2006

Désolée de devoir un peu doucher votre enthousiasme concernant les accords bancaires.
Je suis parent d'élève mais aussi assistante maternelle...et notre profession a connu elle aussi des changements l'année dernière.
En particulier le système de la PAJE qui dispense théoriquement les parents de nous établir un bulletin de salaire.
Nous sommes en CDI, mais pourtant ni les administrations (assedic, sécu) , ni les banques, ni les organismes de crédits n'acceptent de prendre en compte ces attestations émises par la PAJE alors que la loi les y oblige et que le gouvernement le leur a rappelé.
Je comprends et je partage les inquiétudes concernant cet aspect : pas de projet possible tant qu'on est dans la période d'essai à rallonge.
Puisque le gouvernement n'arrive pas à obliger ses propres administrations à prendre en compte nos attestations , comment pourra t il forcer les banques à avoir confiance aux embauchés en cpe?

Maintenant, il n'en reste pas moins qu'imposer par la force le blocage des établissements est inadmissible. Chacun doit avoir le droit de choisir entre la grève et les cours d'autant que pour certains (boursiers en particulier) la réussite aux examens est une obligation.

Ecrit par : boo | 28.03.2006

Le point soulevé est en effet essentiel, et il va de soit qu'il faut des mesures pour contrecarrer l'abus de pouvoir des banques. Je pense qu'il y d'ailleurs énormément d'affaires en cours concernant celles-ci.
Cela étant, le problème n'est pas la loi, mais bien le fait que les banques ne respectent pas la loi. A la place des manifestants, j'irai plutôt faire un peu de pub gratuite concernant les procédés douteux de certaines banques. Devant la télé, ils ne pourront que s'incliner.

Concernant la loi en elle-même, je tiens à rappeler qu'il n'y a pas de période d'essai de 2 ans.
Une période d'essai on peut vous virer du jour au lendemain sans motifs.
Dans la période de consolidation du CPE, il peut y avoir rupture de contrat de la part de l'employeur, une rupture qui demande un préavis (plus ou moins grand selon que l'on a passé le stade des 6 mois dans l'entreprise) et des indemnités. Une rupture qui - contrairement à ce que l'on peut dire partout- exige un motif valable. Si le motif n'est pas valable, les prudhommes peuvent parfaitement être saisies. La seule nuance est que l'employeur n'est pas obligé de signifier le motif à l'employé. Autrement dit, l'employeur joue au poker en vous renvoyant : il peut se retrouver aux prudhommes comme pour 90 % des licenciements. (eh oui, 90 % des licenciements se terminent aux prudhommes. Comment voulez vous que l'employeur ait envie de prendre quelqu'un d'inexpérimenté ?). Car c'est bien là le sujet du CPE : proposer une première expérience, celle que toute entreprise vous demandera. D'autant que dans le même temps mettre le pied dans le monde du travail vous donnera dès le deuxième mois (contrairement au CDI où il faut attendre un an) au droit à la formation (et quand on connait le coût des formations, c'est essentiel !!).

Ecrit par : Eclair | 28.03.2006

Bonjour a tous,

C'est domage de ne pas faire de "vrais" références au texte de loi lié au CPE. On entend et on lit bien trop de discours de tout bord racontant "n'importe quoi" !

J’ai lu le texte, ce n’est pas évident d’en comprendre tout son sens car la majorité du texte sont des insères ou des ajouts dans divers texte de loi.

Pour info le texte est ici: http://www.senat.fr/leg/tas05-072.html

Ecrit par : Mog | 02.04.2006

Tu as tout à fait raison, Malheureusement il n'y a pas que la loi à lire, puisque la loi s'inscrit dans un cadre général. A moins d'être juriste spécialisé dans le droit du travail, on est bien obligé de faire confiance à ce qui se dit.
C'est pourquoi j'ai mis le lien concernant le blog de Maitre eolas. Bizarrement je lui fait davantage confiance que le skyblog d'un lycéen ;)

Ecrit par : Eclair | 03.04.2006

On a gagné les doigts dans le nez!!!

Ecrit par : Paul-michael | 19.05.2006

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