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11.03.2006

Battlestar Galactica

Le remake de la série eponyme est ébourrifant sur bien des points de vue. De la science fiction de qualité, là où on ne l'attendait pas vraiment. Depuis 2003, la série a continué a amasser des milliers de fans, et hier fut diffusé aux USA le final de la seconde saison. L'occasion de revenir sur cette série hors norme.

L'histoire se passe dans le futur, dans une guerre entre les humains, race vouée à disparaître, et les cylons, des machines surnommées "toasters". Bon la guerre homme-machine, c'est vraiment trop utilisé pour être intéressant, me direz vous. Détrompez vous, la série vous réserve des surprises.

D'abord les cylons : de différentes classes, ils peuvent également prendre forme humaine, et ils sont quasiment indétectables. Lorsqu'ils meurent, leur conscience est automatiquement projetée dans un nouveau corps, ce qui fait qu'ils conservent l'expérience de leurs échecs et qu'ils n'ont pas peur de mourir. Mais certains cylons ne se rendent pas compte qu'ils sont cylons, ils se croient humains, et éprouvent même des sentiments.

Ensuite le contexte : La guerre est terminée. Les cylons ont vaincu l'humanité en exterminant toutes les planètes habitées. Seuls quelques vaisseaux commandés par le Battlestar Galactica fuient tout contact avec les vaisseaux cylons, trop forts, trop nombreux. Dans cette lutte pour la survie, dans cette micro-société paranoique ("qui est cylon ?"), c'est l'aspect politique qui rend la série intelligente et captivante. De nombreux choix de société doivent être faits, de nombreux principes dont nous sommes si fiers doivent être détournés, et toute la question est de savoir trouver la limite de l'inacceptable : abandonner les faibles, avortement et contraception, loi martiale ou démocratie, etc... Dans Battlestar Galactica, il n'y a pas de compromis, et il n'y a pas le temps de tergiverser. C'est dans le seconde qu'il faut agir, sinon c'est la fin de l'humanité. Ce qui pose la question : valons nous mieux que les cylons ?

Autour des ces questions humanistes s'échaffaudent des pensées théologiques, des croyances, aussi bien pour les humains que pour les cylons. De la croyance au fanatisme, il n'y a bien sûr qu'un pas.

Au milieu de cette histoire il y a Gaius Baltar, un scientifique qui a trahi sa race en aidant les cylons à détruire les défenses humaines. Gaius manipulé par les cylons, et tout particulièrement par la vision d'une cylon femelle sexy qui l'aime (ou prétend l'aimer ?). C'est dans le complot cylon que réside bien évidemment une grande partie du charme de la série. Et dans les cylons qui éprouvent des sentiments.. ou qui ignorent qu'ils sont cylons.

Dotée de très bons effets spéciaux, la série n'est pourtant pas une série d'action, mais bien une série politique. Elle réussit le tour de force de captiver le téléspectateur qui se demande comment l'humanité va survivre. Malgré ses nombreuses qualités, la série a tout de même quelques défauts de narration, avec quelques épisodes un brin trop conventionnels et focalisés sur certains personnages. Mais dans l'ensemble, elle reste non seulement la meilleure série de SF à l'heure actuelle, mais l'une des meilleures séries de ces cinq dernières années. Intelligente, prenante, noire et audacieuse, elle est un "must-see" et ce, surtout si on aime pas la SF.

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